La pointe Saint-Mathieu
La pointe Saint-Mathieu © CRTB - E. Berthier

Les monuments stars de nos régions (4e partie)

Culture & Patrimoine | Par Vianney, le 23 juin 2020

C’est en Bretagne et en Corse que nous partons aujourd’hui, à la rencontre des plus beaux monuments, petits et grands. Qu’importe la taille, tous créent des souvenirs au long cours, tous suscitent de grandes émotions chez les voyageurs. L’essentiel est de savoir prendre le temps de s’arrêter sur leur architecture, leurs décorations et leur environnement. Fixez-vous aussi sur les personnages, héroïques ou simplement astucieux, qui entourent leur histoire et leurs légendes.

La minuscule chapelle qui coiffe les Monts d’Arrée, dans le Finistère, et l’imposant château de Suscinio, dans le Morbihan, forment des étapes de randonnées culturelles pareillement inoubliables. Ce ne sont là que deux exemples parmi des centaines d’autres, aux alentours des sept villages vacances et hôtels clubs de Bretagne et d’un petit nouveau (pas si petit en fait !) dans le réseau Cap France : le village club Marina d’Oru, en Haute-Corse, magnifiquement installé sur la plage. Allons voir ensemble les œuvres bretonnes de Vauban, le melting-pot architectural de Dinan, l’Île de Pâques bretonne, le mystère de Carnac et ses alignements de menhirs, toujours à l’état de casse-tête scientifique, le château de Suscinio, Sainte-Anne d’Auray, 3e lieu de pèlerinage français après Lourdes et Lisieux, la maison natale de Max Jacob à Quimper, la capitale de la Corse romaine, Aléria, le vaste champ de mars bastiais…

Parcours Vauban : de la citadelle de Port Louis près de Kérfétan au château de Brest près de Ker Beuz, en passant par Fort la Latte près de Roz Armor…

Je vous propose d’entamer notre promenade avec Vauban, ce fantastique ingénieur urbaniste et architecte d’esprit militaire. Il écrivait aussi, beaucoup, et pas que sur l’art de la guerre. On peut s’inspirer de lui sur divers sujets. Sur les essentiels de la vie par exemple, voilà ce que dit le maréchal-marquis : « Le premier de tous les biens est la santé, le deuxième le pain cuit, le troisième la liberté, le quatrième de bons amis, le cinquième femme à son gré, tous les autres sont chimériques ». Tout est dit… ou presque. En Bretagne, vous avez de quoi vous mitonner un beau parcours Vauban. Cela s’explique historiquement : pour Louis XIV, et d’autres avant lui, « il fallait mettre le littoral breton à l’abri des insultes de l’ennemi » et ainsi protéger les principaux ports. Près de Lorient, à Port Louis, à 24 km du village vacances Kerfétan, la ville-citadelle est particulièrement intéressante. Elle vous raconte une grande histoire : ce sont les Espagnols qui érigent la citadelle morbihannaise pour lutter… contre un roi de France, Henri IV, qui voudra ensuite la détruire, mais Louis XIII dira niet (ou quelque chose dans le genre), puis Louis XIV et Vauban la perfectionneront. L’endroit fera plus tard prison – Louis Napoléon Bonaparte y sera enfermé – puis musée. Bonne idée, si vous êtes en famille, après avoir admiré la citadelle et les remparts, attardez-vous dans les musées de la Marine et de la Compagnie des Indes.

Dans la région, Vauban va également moderniser, notamment « pour les adapter à l’artillerie moderne », le château de Brest, la ville-close de Concarneau, la citadelle du Palais à Belle-Île ou le château du taureau en baie de Morlaix. Le château de Brest, à 45 km de l’Hôtel Club Ker Beuz, est un incontournable de vos vacances en Finistère. Sa majesté impressionne. Le château est d’autant plus incontournable qu’il est le principal et presque seul vestige d’une ville détruite pendant la 2nde Guerre mondiale. « De l’époque gallo-romaine, jusqu’à la fortification par Vauban au XVIIe siècle, cette forteresse s’est imposée comme une place militaire de premier ordre. Visiter le donjon et les remparts permet d’admirer l’architecture du château complètement remaniée et reconstruite au fil du temps ». Notez que ce château brestois abrite le musée national de la Marine et qu’il se visite en journée mais aussi en nocturne. Autre site historique, anciennement système de défense : partons pour les Côtes d’Armor, au Cap Fréhel sur la baie de Saint-Malo, à la découverte du Fort la Latte. Nous sommes à 17 km du village vacances Roz Armor. Visite épatante, qui vous plonge dans un immense livre d’histoire animé, où déroulent sous vos yeux les ponts-levis, murailles, corps de garde, logis seigneurial, chapelle, four à rougir les boulets de fer, donjon… sans oublier le chemin de ronde, d’où la vue est exceptionnelle.

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Côtes d’Armor : Dinan et son melting-pot d’époques et d’ambiances, Carnoët et son époustouflante Île de Pâques…

Restons dans les Côtes d’Armor : ne surtout pas zapper Dinan ! Comme disait Louis à Fernand, dis oui à Dinan ! (elle est fastoche mais il fallait la faire). Cette ville est un melting-pot phénoménal, de couleurs et d’époques : « Replongez-vous dans l’ambiance du Moyen-Âge en parcourant la rue escarpée du Jerzual. Les maisons à pans de bois et à pignons pointus témoignent de la richesse passée de la ville. Du XIVe au XVIIIe siècle, elle grouillait de tisserands, de tanneurs… Aujourd’hui, c’est une étape incontournable de tout passage à Dinan. Vous aimerez y flâner et rêver devant les ateliers-boutiques des souffleurs de verre ou doreurs sur bois qui s’y sont installés. La visite se poursuit place des Cordeliers et des Merciers. Là, les styles se mélangent. Les maisons à pans de bois typiquement dinanaises des XVIe, XVIe et XVIIe siècles se côtoient. Non loin, bâtie au XXIIe siècle, la basilique Saint Sauveur mêle influences byzantine, perse et romane ». Vous aurez déjà probablement visité le château de Dinan. Il fut construit par Jean IV le Conquérant, qui portait bien son blase puisqu’il avait gagné la guerre de succession de Bretagne. « Ce duc de Bretagne décide la construction d’une tour maîtresse à Dinan dans le but d’affirmer son autorité dans une ville qui a longtemps soutenu son rival. Cet ensemble fait partie de l’enceinte urbaine de Dinan, construite à la fin du XIIIe siècle par des ducs de Bretagne, et jadis la troisième plus importante du duché après celles de Nantes et de Rennes » nous explique-t-on à l’office de tourisme.

Dans la (très longue) liste des monuments stars de la Bretagne, on peut s’aventurer à incorporer le mythique Mont Saint-Michel, administrativement en terre normande mais situé à une poignée de kilomètres de la limite de propriété bretonne. Le Mont Saint-Michel est à 68 km du village vacances Ker Al Lann. Je préfère vous emmener sur un lieu moins connu et tout aussi époustouflant, à Carnoët, dans les Côtes d’Armor. Voici la vallée des Saints, aussi nommée « l’île de Pâques bretonne », à 40 km du Manoir de Kérallic. Ce site accueille 100 statues de 3 à 7 mètres de haut. L’histoire a démarré en 2008 et l’objectif est d’accueillir, à peu près autour de l’an 2108, un total de 1000 statues ! Le lieu est étonnant et souvent en chantier, notamment de mai à octobre. Ces statues, taillées dans du granit breton, représentent des saints bretons. « Ce projet collectif porté par une association a pour objet la sauvegarde, la découverte et la promotion de la culture populaire bretonne liée aux saints bretons sous forme de créations artistiques. Parmi ces cent saints, on retrouve les sept saints fondateurs de la Bretagne, chacun tourné vers sa basilique : Saint-Brieuc, Saint-Tugdual à Tréguier, Saint-Malo, Saint-Samson à Dol-de-Bretagne, Saint-Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon, Saint-Corentin à Quimper et Saint-Patern à Vannes. Ces membres du clergé ont fondé chacun une communauté à travers l’Armorique qui deviendront les sept diocèses bretons. Leurs histoires, comme celles des autres saints qui les accompagnent à Carnoët est un mélange entre légendes et miracles païens et chrétiens ».

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Morbihan : les impressionnants alignements de menhirs à Carnac, le château de Catherine de Médicis à Sarzeau…

Dans le genre ambiance mystérieuse, vous trouvez aussi dans le Morbihan les alignements de menhirs de Carnac, à 28 km de Kerfétan et 60 km de la Pierre Bleue. Sauf qu’ici, le mystère demeure sur « ces 4000 pierres levées vers 4500 ans avant notre ère », très tôt classées Monuments Historiques : « Les pierres dressées de Carnac [dont les plus grosses pèsent plus de 25 tonnes], organisées en système complexe sur un vaste territoire soigneusement choisi à l’époque néolithique, n’ont pas encore révélé leur(s) raison(s) d’être. Véritables champs de mémoire matérialisant une frontière, autant physique que mentale, les alignements de Carnac incarnent encore de nos jours un défi scientifique pour l’archéologie : l’idée du temple en ruine, apparue dès le XIXe siècle, s’efface progressivement. Apparaît alors une notion nouvelle, inédite, le site de « passage », le seuil, marquant la rupture entre deux espaces, deux mondes ».

Les alignements de Carnac
Les alignements de Carnac © Deborah Bates - Pixabay

Dans le Morbihan, je vous suggère aussi le château de Suscinio, un des domaines des ducs de Bretagne, situé à Sarzeau, à 6 km du village vacances La Pierre bleue. Ce château, remarquablement restauré, « offre l’image d’une grande demeure du XVe siècle. On peut toutefois y reconnaître les éléments typiques des châteaux forts médiévaux : courtine, chemin de ronde, pont-levis, meurtrières, mâchicoulis… ». Diane de Poitiers et Catherine de Médicis en seront les propriétaires. Une histoire flamboyante découverte petit à petit. Ce n’est qu’en 1975 par exemple, à l’occasion de fouilles, que l’on retrouve la chapelle du château, datant du XIIIe siècle : « Ces fouilles mettent au jour un splendide ensemble de pavements de près de 300 m². Par la diversité de ses techniques et la richesse de son décor, cet ensemble est une pièce majeure de l’art décoratif dans l’architecture médiévale ». Vous pourrez le voir à l’occasion de votre visite (le domaine de Suscinio est ouvert toute l’année). Outre les visites classiques, vous pouvez également participer à des animations « pour connaître la mode du Moyen-Âge, découvrir les dessous d’un château en préparant la venue d’Anne de Bretagne ou devenir archéologue pour percer les mystères de Suscinio. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges. L’été, venez partager un moment convivial dans notre campement de chasse avec le veneur du domaine, ou vous initier à l’arbalète, arme utilisée au Moyen-Âge ». Pour les groupes, des visites guidées sont adaptées au nombre et pour les enfants, « un livret famille a été édité pour faire découvrir l’histoire et l’évolution du site ». Notez que vous pouvez élargir votre visite, par exemple par un rallye nature, « parcours ponctué d’énigmes pour revivre l’histoire des anciens marais de Suscinio et leur biodiversité ».

Profitez, vous n’êtes pas très loin (à 40 km) de la basilique de Sainte-Anne-d’Auray, moins connue que Lourdes et Lisieux et pourtant… « ce sanctuaire est le plus important lieu de pèlerinage de Bretagne, accueillant plus de 800 000 visiteurs par an, dont la majorité sont des pèlerins. Chaque année, 20 à 30 000 pèlerins assistent au grand pardon de Sainte Anne, le 26 juillet, qui se situe au troisième rang des pèlerinages français après le sanctuaire de Lourdes et la basilique de Sainte Thérèse de Lisieux. Le pardon est une forme de pèlerinage typiquement bretonne et une des manifestations les plus traditionnelles de la foi populaire en Bretagne. D’origine très ancienne, puisque probablement lié à l’évangélisation du pays par les moines celtes, dès le Ve siècle, il s’apparente aux parades de la Saint Patrick en Irlande ou à New-York ».

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Finistère : l’art sacré en forme mignonne ou magistrale… et puis René Laennec, Max Jacob, Armor Lux…

L’art sacré, dans nos balades patrimoniales, qu’on soit croyant ou pas, représente un gros gros morceau et nous invite à des découvertes historiques fantastiques. Le Finistère est fidèle à cette règle. Je vous emmène sur deux lieux, formidables expressions de ce art ancestral : sur les Monts d’Arrée et à Quimper (à 40 km de Ker Beuz et 48 km du Domaine de Beg Porz). Dans la capitale administrative finistérienne (car la capitale maritime est Brest), l’inloupable se nomme Saint-Corentin, premier évêque de Quimper. Le vrai nom de Quimper est d’ailleurs Quimper-Corentin. Corentin, nous dit un de ses biographes, « vécut pendant plusieurs années une vie d’ermite, dans les bois qui couvraient le versant sud du Ménez-Hom, en Plomodiern ». Pensez-y quand vous serez en vacances à l’Hôtel Club Ker Beuz, à quelques pas de ce Ménez-Hom et à 10 km de Plomodiern et de sa chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Je vous recommande la visite de cette chapelle et de ses magnifiques retables baroques.

Mais revenons à Quimper et à l’incontournable rencontre avec la cathédrale Saint-Corentin. Vous découvrirez la longue histoire de son édification, à partir du XIIIe siècle, dans un style gothique et sur le lieu d’une ancienne cathédrale romane, dont on sait très peu de choses. L’actuelle cathédrale a fait récemment l’objet de rénovations et de réparations, elle brille aujourd’hui de mille feux et illumine une vaste place au cœur du vieux Quimper. Outre les aspects architecturaux, observez les centaines d’objets et meubles de la cathédrale, par exemple la chaire, une sculpture magnifique de 1680, représentant la vie de Corentin. Sur cette place de la cathédrale (place Saint Corentin), trône aussi la statue de René Laennec, célèbre médecin quimpérois et inventeur du stéthoscope. C’est lui qui popularise l’auscultation et « contribue à faire progresser la connaissance des affections pulmonaires et cardiaques ». Autre célébrité quimpéroise, le romancier et peintre Max Jacob, dont la maison natale, rue du parc, est labellisée Maison des Illustres (distinction du ministère de la Culture), c’est la seule dans le Finistère et l’une des sept en Bretagne.

Avant de quitter Quimper, j’ajoute à cette saga des monuments stars du Finistère, une œuvre industrielle et même, on peut le dire ainsi, patriotique. C’est l’entreprise Armor Lux. Dans toutes les régions, vous croisez des entreprises dont l’histoire se confond avec celle du pays. C’est clairement le cas d’Armor Lux, à Quimper, que vous pouvez visiter. Profitez aussi des très bonnes affaires sur leur magasin d’usine.

Changement de décor, nous partons sur les Monts d’Arrée, à Saint-Rivoal, à 40 km de l’Hôtel Club Ker Beuz. Amateurs de légendes, préparez vos grolles et sac à dos, vous allez être aux anges ! « Une chapelle fut érigée au sommet du mont car l’archange Saint Michel y aurait terrassé le dragon. On raconte aussi que c’est l’archange lui-même qui serait venu aider les ouvriers à monter leurs lourdes charges jusqu’au sommet lors de la construction de la chapelle ». Cette chapelle est minuscule mais son charme est immense. Elle est un abri en cas de gros vent, ce qui est souvent le cas. Nous sommes à presque 400 mètres d’altitude sur un mont qui offre l’un des plus beaux points de vue sur le charme et le calme finistériens : panorama à 360° avec vue sur les crêtes montagneuses, les landes, lacs, tourbières et roches, la nature à l’état pur made in Bretagne ! Prenez le temps d’une randonnée là-haut, vous ne le regretterez pas.

À voir aussi dans la région : phare et abbaye de la pointe Saint Mathieu, ports de Douarnenez, Locronan, Presqu’île de Crozon, phare du Créach à Ouessant, ville close de Concarneau, Roscoff, pont de Rohan à Landerneau, église Saint Sauveur du Faou, arsenal et port militaire, pont de Recouvrance et tour de la Motte-Tanguy à Brest, manufacture Henriot-Quimper, quais de l’Odet à Quimper, moulins de Pont-Aven… (Finistère), centre historique de Vannes, cité médiévale de Quiberon, Josselin, abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys, port d’Auray… (Morbihan), château de Bienassis à Erquy, île de Bréhat, cœur historique, cathédrale Saint-Etienne, tour de Cesson et façade de l’hôtel des ducs de Bretagne à Saint-Brieuc, temple de Lenleff, haras national de Lamballe, domaine de la roche Jagu à Ploëzal, cité médiévale de Moncontour, Guingamp… (Côtes d’Armor), château de Fougères (plus grande forteresse d’Europe), Brocéliande, « cité corsaire » de Saint-Malo, port de Cancale, architectures Belle Époque de Dinard, château de Combourg (où Chateaubriand a passé son enfance), château de Vitré, musée de la batellerie de Redon, Bécherel « cité du livre », et à Rennes : parlement de Bretagne, maisons médiévales, place du Champ Jacquet, cathédrale Saint-Pierre, quais de la Vilaine, portes Mordelaises, remparts, opéra, hôtel de ville… (Île-et-Vilaine).

De la « capitale de la Corse romaine », Aléria, à la maison natale de Napoléon, à Ajaccio, en passant par le champ de mars bastiais…

Nous arrivons en Corse, à Ghisonaccia, au village vacances Marina d’Oru. Ce nouveau village club du réseau Cap France est en bord de mer, sur la côte est, à 80 km de Bastia, 80 de Bonifacio, 60 de Corte, 55 de Porto-Vecchio… Un petit paradis pour les vacanciers qui pratiquent le rester-sur-place, un point central pour ceux qui préfèrent le bouger-autour. La Corse, côté patrimoine, est une pépite d’une richesse inouïe et le slogan « paysages cartes postales » ici n’est pas usurpé. On peut rayonner très près, d’abord, dans la petite ville de Ghisonaccia (la 10e de Corse), qui double sa population pendant l’été, passant de 4 500 à 10 000 habitants. À l’origine, cette commune était un lieu de transhumance des bergers. Ghisonaccia a conservé ce goût de l’authentique, cette culture agricole et rurale, vignes, élevage, cultures fruitières… À 15 km, arrêtez-vous à Lugo-di-Nazzo, vous verrez l’un des plus beaux clochers de Corse, sur l’église San Quilicu, du XVIe siècle. À 15 km du village vacances (mais en prenant la direction de Bastia), vous arriverez à Aléria, fondé en 565 avant J.C. et devenu au fil des siècles l’une des grandes cités romaines, avec son forum, ses thermes, ses villas, son temple. On l’appelle parfois « la capitale de la Corse romaine » : « Aléria constitue le centre de la forte romanisation de la Corse et un grand port d’exportation de granit, de minerais, d’huiles et de liège ». Les témoignages de cette époque sont à découvrir à travers deux lieux : le musée départemental d’archéologie et le site archéologique. Si vous optez pour un rayonnement plus large (encore que rien n’est jamais très loin en Corse), ne manquez pas les deux capitales (de Corse-du-sud et de Haute-Corse). À Ajaccio, ville labellisée d’art et d’histoire, je vous conseille la cathédrale N.D. de l’Assomption. Cet édifice baroque, du XVIe siècle, étonne d’abord par sa taille (plutôt petite) et sa couleur (vive). Voyez aussi les orgues, le baptistère utilisé pour le baptême de Napoléon et les chapelles latérales. Parmi celles-ci, la chapelle N.D. du Rosaire où les Bonaparte avaient leur tombeau. Je vous propose d’achever notre périple corse à Bastia et sur une note très conviviale. Nous aimons les places parce qu’elles sont des lieux de rencontres, généralement de rires et de bonheurs partagés. La place Saint-Nicolas de Bastia est l’une des plus vastes de France. Parsemée de palmiers majestueux, coloriée d’une ribambelle de bars et de restaurants, décorée d’un kiosque en son cœur, on la nommait sous la Révolution Française Champ de mars « car elle était utilisée pour des manœuvres militaires ». Mais elle est bien une œuvre monumentale… et pacifique. Il s’agissait d’en faire à l’origine un lieu de promenade. Elle l’est toujours.

À voir aussi dans la région : à Ajaccio, maison natale de Napoléon Bonaparte, tour de Capitello, église du Sacré Coeur, citadelle, cimetière des sanguinaires ; à Bastia, vieux port, palais du gouverneur, cathédrale, église Saint-Jean-Baptiste ; et aussi port de Porto-Vecchio, places et rues pavées de Sartène, citadelle de Calvi, Bonifacio, Palombaggia, citadelle de Corte, Patrimonio, Piana, Porto, hippodrome le plus haut d’Europe à Zonza, église latine de Cargèse, halles de l’Île Rousse…

Vianney Huguenot

Journaliste, hexagone-trotter, également chroniqueur en radio, animateur en télévision et auteur au Petit Futé, il sillonne la France depuis plus de vingt ans, alternant les coins méconnus et les pépites incontournables du tourisme français.