La Citadelle de Besançon
La Citadelle de Besançon © Ville de Besançon

Les monuments stars de nos régions (2e partie)

Culture & Patrimoine | Par Vianney, le 19 mai 2020

On les appelle « les incontournables » du patrimoine, ils font souvent la joie de nos vacances ou week-ends. Qui ne se souvient pas, enfant ou adulte, d’un château-fort, d’une basilique, d’un viaduc, d’un amphithéâtre romain, de drôles de maisons ou d’immenses statues ? Ce sont des rencontres créatrices de grandes sensations, émotions, et de multiples souvenirs. Oui, nous avons de la chance en France ! Nous sommes parmi les pays les plus richement dotés en patrimoine architectural et culturel. Il y a un indicateur pour l’attester, un parmi d’autres, qui ne dit pas tout, mais quand même… cocorico ! Cet indicateur est le nombre d’édifices classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La France arrive en 4e position, derrière l’Italie (1re), la Chine et l’Espagne, et devant l’Allemagne, l’Inde, le Mexique, le Royaume Uni, la Russie et les États-Unis. Il existe de nombreux autres classements, notamment celui des Monuments Historiques. C’est un excellent critère mais ce n’est pas le seul.

Bref, il faut piocher, aller au hasard ou se renseigner avant, auprès d’un office de tourisme ou dans votre village vacances. Les responsables et guides des résidences de vacances Cap France sont de très bons connaisseurs des patrimoines locaux et ils savent mitonner des séjours adaptés à tous les groupes. Petite devinette avant de prendre la route : combien existe-t-il de « monuments historiques » en France ? Il y en a 44 000, dont un tiers est constitué d’édifices religieux. À ces 44 000, on ajoute les 300 000 objets et 1 400 orgues classés… Et n’oublions pas les sites non-classés parmi lesquels nous dégotons également de géniales pépites. Nous partons aujourd’hui en Bourgogne-Franche-Comté, dans les Hauts-de-France et en Normandie.

En Bourgogne, vos pas dans les pas de Colette et Vauban… et le plus vieil atelier photo du monde.

Parmi les labels qui vous permettent de faire des choix dans l’organisation de vos voyages, pensez aussi aux « Maisons des illustres ». C’est toujours émouvant de flâner sur les mêmes parquets, les mêmes pelouses, que des personnages ayant fait la renommée d’un pays. Nous sommes parfois subjugués par la splendeur des lieux, parfois surpris par leur simplicité. À Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, à 50 km du village vacances La Vallée de l’Yonne, vous trouvez la maison natale de l’écrivaine Colette, « pionnière dans bien des domaines, notamment dans celui de l’émancipation de la femme, première femme à avoir eu droit à des obsèques nationales. Elle est restée toujours fidèle à sa Bourgogne natale, au point de faire de sa maison d’enfance un personnage littéraire au centre de son œuvre ». En Saône-et-Loire, à Saint-Loup-de-Varennes, découvrez la maison de Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie. Plus qu’une visite de maison natale, vous entrez dans un univers créatif, vous découvrez notamment le labo de Petiot-Groffier, « le plus ancien laboratoire photographique du monde. En attestent les factures d’achat de produits chimiques datant de 1840 et 1841 ». Dans la vallée du Morvan (Nièvre), la visite du château de Bazoches est intéressante pour le monument en lui-même et son « très riche mobilier » mais également pour celui qui en fut propriétaire (et dont les descendants sont toujours là) : Vauban ! Pardon, Sébastien Le Pestre, marquis de Vauban, maréchal de France, ingénieur et urbaniste de génie. « C’est à Bazoches, dans la grande galerie du château récemment reconstituée, que Vauban réalisa les études et les plans de plus de 300 ouvrages et places fortes en France et qu’il élabora les méthodes d’attaque et de défense des fortifications qui firent de lui un maître incontesté de la stratégie des sièges et de l’architecture militaire ». Notez que l’organisation de visites pour les groupes (clubs seniors, comités d’entreprise, associations…) peut se faire à Paris directement, mais aussi en contactant le château.

Le Château de Bazoches
Le Château de Bazoches © chateau-bazoches.com

Dans l’Yonne : la première cathédrale gothique, à Sens, et une basilique parmi les sites les plus visités de France, à Vezelay.

En vacances au village de la Vallée de l’Yonne, on vous proposera la visite de la cathédrale de Sens (à 19 km). Un petit conseil, ne zappez pas ! Vous entrez dans une histoire fabuleuse, vous errez autour d’un pilier de l’histoire de la chrétienté. L’archevêché de Sens était très puissant au Moyen Âge, ayant autorité sur les évêchés de Chartres, Auxerre, Meaux, Orléans, Nevers, Troyes… et même Paris. Il y a 900 ans, l’archevêque de Sens (qui portait le titre de Primat des Gaules et de Germanie, c’est à dire premier après le pape) fait construire une cathédrale « digne de cette puissance et de l’importance de la cité médiévale de Sens. C’est ainsi qu’il fait appel à un architecte novateur qui va proposer une conception révolutionnaire du voûtement : la croisée d’ogives. Elle est alors l’unique cathédrale gothique en France et dans le monde. Elle est consacrée en 1164 par le pape Alexandre III, alors que commence le chantier de Notre-Dame de Paris… ». Dans le domaine de l’art sacré, l’Yonne vous suggère aussi la basilique de Vezelay. Avec près de 900 000 visiteurs par an, elle s’invite régulièrement dans les classements des 20 ou 30 monuments français les plus visités. Pourquoi cette basilique bourguignonne est-elle si populaire ? Pour son architecture, bien sûr : « construite entre 1120 et 1150, elle est une illustration majeure de l’art roman, un des chefs d’œuvre de la sculpture romane ». Elle fut classée Monument historique dès 1840, c’est à dire sur la première liste, et au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979. Son histoire a aussi forgé sa réputation, notamment celle d’un haut-lieu de pèlerinage sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Sa situation géographique contribue également à l’attractivité du site. Elle est bâtie au sommet d’une colline, dite « colline éternelle ». À mi-chemin de la montée vers la basilique, vous verrez la Maison du Visiteur, « une halte indispensable pour comprendre pourquoi ce lieu est si exceptionnel. Vous y découvrirez l’art et les secrets des bâtisseurs ». Pour les groupes, cette Maison du Visiteur est ouverte toute l’année sur réservation.

À voir aussi dans la région Bourgogne : le chantier médiéval du château de Guédelon, « la Fabuloserie » (vaste exposition permanente d’art brut ou art naïf ou hors-normes), le château de Saint-Fargeau, la Tour de l’horloge dans le vieil Auxerre, les muraille et portes médiévales de Villeneuve-sur-Yonne, la maison de l’arbre de Jessé à Joigny (Yonne), l’abbaye de Tournus, le château de la verrerie du Creusot, la basilique de Paray-le-Monial, le château de Cormatin, l’abbaye de Cluny, le théâtre romain d’Autun, la route des églises romanes du Brionnais, le musée des Ursulines à Mâcon, la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), les hospices de Beaune, le palais des ducs de Bourgogne et le puits de Moïse à Dijon, le musée archéologique d’Alésia (Côte d’or), le premier château de la Loire et la cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte à Nevers (Nièvre)…

En Franche-Comté : la Saline royale d’Arc-et-Senans, la ville aux 188 vestiges et un surprenant fort militaire… affineur de fromages !

À 15 km du village vacances Neige & Plein Air, 25 km du Duchet, 45 km du Chalet de la Haute-Joux et 55 km des Chalets du Lac de Vouglans), vous découvrez un fort militaire tout à fait surprenant, aux Rousses, dans le Haut-Jura. D’abord il est, par sa superficie, la 2e forteresse de France. Ses dimensions et références étonnent pour un bâtiment militaire perché à 1150 mètres d’altitude, proche du domaine skiable des Rousses. Le fort des Rousses abrite « plus de 50 000 m² de salles voûtées et des kilomètres de galeries souterraines. Il est entouré de 22 hectares de terrain et de 2,2 km de rempart. Il ne possède que deux portes d’entrée, l’une à l’est, la porte des Suisses, l’autre au nord, la porte de France ». Ce fort, bâti à partir de 1814, pouvait accueillir jusqu’à 3 000 hommes. En 1973, le site devint un centre d’entraînement de commandos, « il recevait des troupes d’élite du monde entier venant s’entraîner sous terre et dans les airs ». L’armée a quitté le fort en 1997, devenu un espace multi-activités dont une partie est occupée par une entreprise d’affinage de Comtés. En remontant vers le nord, pour rejoindre Arbois et visiter la maison de Louis Pasteur, faites un saut à Château-Chalon, c’est sur votre route. On nomme ce splendide village, berceau du Vin jaune, « le phare du vignoble du Jura » : « Château-Chalon est bercé au bord d’une falaise et surveille depuis des siècles l’entrée des reculées avoisinantes. Ce village-belvédère révèle un panorama à la hauteur des merveilles de ce pays ».

Dans le département voisin du Doubs, une flopée de monuments historiques vous attend aussi. Citons d’abord la Saline royale d’Arc-et-Senans. Ancienne manufacture de sel, « inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, elle est le chef-d’œuvre de Claude Nicolas Ledoux et constitue un témoignage rare dans l’histoire de l’architecture industrielle ». Construite de 1775 à 1779, elle connut des vocations différentes après que l’activité de saline soit stoppée. Elle fut haras, camp de réfugiés pour Républicains espagnols en 1939, décor de cinéma… elle est aujourd’hui un haut-lieu touristique, comprenant divers espaces culturels et d’expositions, dont un consacré aux « histoires de sel ». L’architecture d’ensemble est déroutante, car on peine à imaginer qu’il s’agit là d’une usine : « Puissante et troublante, l’atmosphère de la Saline royale d’Arc-et-Senans est incontestablement singulière et ne laisse pas indifférent celui qui, pour la première fois, pénètre dans son enceinte », précise le site de Jura Tourisme. La capitale de la Franche-Comté, Besançon, n’est pas très loin. C’est évidemment une étape essentielle, avec un patrimoine richissime, dont la citadelle Vauban « considérée comme l’une des plus belles de France » : « Besançon ne compte pas moins de 188 vestiges, monuments et sites inscrits ou classés à l’inventaire national des Monuments Historiques : musées, cathédrale, églises, châteaux ou lieux emblématiques qui ont marqué son histoire ».

À voir aussi dans la région Franche-Comté : le château de Joux, la maison natale-musée de Gustave Courbet à Ornans, les ruelles médiévales de Montbéliard, la maison natale de Victor Hugo (Doubs), le lion et la citadelle Vauban de Belfort, le monument des trois sièges (Territoire de Belfort), la chapelle Notre-Dame du Haut, par Le Corbusier, à Ronchamp, le château de Villersexel, le Camp de César à Chariez, le centre ancien de Vesoul (Haute-Saône), le village de Baume-les-Messieurs, la grande saline de Salins-les-Bains, la collégiale Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu de Dole, la Maison de la Vache-Qui-Rit et le musée-appartement natal de Rouget de Lisle, auteur de la Marseillaise, à Lons-le-Saunier (Jura)…

Dans le Pas-de-Calais, à la découverte de milliers de merveilles, à commencer par celles de l’Art Déco

Le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, qui forment aujourd’hui la région Hauts-de-France, ont jadis souffert d’une méconnaissance. Ces territoires sont pourtant à l’image de la France et de ses régions : des perles éblouissantes, riches de centaines de monuments exceptionnels. Concentrons-nous sur le département du Pas-de-Calais où se trouve l’unique village vacances Cap France des Hauts-de-France : Stella Maris. Il est situé en bord de mer, sur la Côte d’Opale, à quelques dizaines de mètres du Touquet. Justement, au Touquet, attardez-vous sur son architecture balnéaire : « parcourir le Touquet le nez en l’air est la meilleure façon de découvrir des merveilles. Du phare de la Canche à la Tour Paris-Plage, quelques détours suffisent pour dénicher des pépites architecturales insoupçonnées, de surprenantes façades Art Déco par exemple », conseille l’Office de tourisme. J’ouvre une parenthèse sur l’Art Déco : il en est souvent question dans les Hauts-de-France, avec par exemple la piscine Art Déco devenue musée d’art et d’industrie de Roubaix (Nord) ou la ville de Saint-Quentin (Aisne) qui baigne dans une ambiance Art Déco, avec de nombreuses manifestations de ce courant artistique : la salle du conseil municipal, le buffet de la gare, le casino, les anciens grands magasins des Nouvelles Galeries, aujourd’hui « l’un des plus beaux palais du patrimoine Art Déco français ».

La piscine Art Déco de Roubaix
La piscine Art Déco de Roubaix © Alain Leprince M.A.I.A.D Roubaix

Fin de parenthèse (mais quelle parenthèse !) et retour dans le Pas-de-Calais où je vous recommande la visite de la ville de Calais. Vous pouvez commencer par l’Hôtel de ville, un véritable bijou ! La plupart de ses éléments est classée Monument Historique (façade, toitures, hall d’honneur, verrières, salles d’apparat…). Quant au beffroi accolé au bâtiment municipal, il est inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Devant cet hôtel de ville – incontestablement l’un des plus beaux de France – vous apercevez « les Bourgeois de Calais ». C’est l’une des œuvres les plus réputées du grand Rodin. Ce groupe statuaire représente « six personnages victimes d’un rituel de reddition imposé par le roi d’Angleterre. Il symbolise le sacrifice de ces six hommes pour laisser la vie sauve à l’ensemble des habitants ». Il existe 12 exemplaires de cet ensemble statuaire, implantés à New-York, Séoul, Tokyo, Washington, Bâle, Londres, Paris, Copenhague… et Calais. Entre Calais et Stella Maris, ne vous privez pas d’une découverte de Boulogne-sur-Mer, « capitale de la Côte d’Opale » et « Ville d’Art et d’Histoire ». La cité détient ce label notamment pour son centre ancien fortifié.

À voir aussi dans la région Hauts-de-France : Le Louvre-Lens, la grande place d’Arras, les remparts de Montreuil-sur-Mer, le blockhaus d’Eperlecques (Pas-de-Calais), le beffroi et la cité fortifiée de Bergues, le beffroi gothique de Douai, le grand port et les beffrois de Dunkerque, la tour abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux, la villa Cavrois à Croix, le palais des Beaux Arts, la vieille bourse, la gare saint-Sauveur, la maison natale de Charles de Gaulle, la citadelle, la cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille (Nord), la basilique et l’Hôtel de Ville de Saint-Quentin, la Manufacture royale des glaces de miroirs à Saint-Gobain, la cathédrale de Soissons (Aisne), l’abbaye de Valloires et la cathédrale d’Amiens (Somme), le château de Chantilly, la cathédrale de Beauvais et l’Hôtel de Ville de Compiègne (Oise)…

En Normandie, dans la Manche : l’abbaye du Mont Saint-Michel bien sûr ! Mais aussi la cathédrale de Coutances, le plus petit port de France, les cabanes de Gouville…

En Normandie, dans la Manche, quand vous êtes au village vacances Le Home du Cotentin, vous êtes sur un territoire jalousé, parce que portant un des sites emblématiques de la France à l’étranger : le Mont Saint-Michel. Cela dit, ne confondons pas la baie, l’abbé et l’abbaye du Mont Saint-Michel. Puisque nous évoquons dans cette série les monuments bâtis par les hommes, c’est de l’abbaye dont je vous parle. C’est à voir au moins une fois dans sa vie… et plus si affinités déconfinées. Construite au Xe siècle par les Bénédictins, ce Mont si particulier est un lieu de pèlerinage depuis plus longtemps encore, le début du VIIIe siècle. Ce Mont est aussi un symbole de la résistance aux Anglais, pendant la Guerre de Cent ans, « c’est un lieu symbolique de l’identité nationale », précisent les communicants de l’abbaye. Ils résument ainsi les « six raisons de visiter l’abbaye » : 1- elle est perchée à 80 mètres de hauteur 2- il y a plus de 20 salles à découvrir 3- et un belvédère unique au sommet 4- elle est une incontournable du Patrimoine mondial de l’Humanité 5- vous pouvez aussi apprécier le calme de l’itinéraire nocturne 6- c’est un monument pour petits et grands.

Le Cloître de l'Abbaye du Mont Saint-Michel
Le Cloître de l'Abbaye du Mont Saint-Michel © Benh Lieu Song

On aime le Mont Saint-Michel, mais on ne saurait résumer la Manche et la Normandie à ce monument du patrimoine français. À 10 km du Home du Cotentin, visitez la cathédrale de Coutances, « monument emblématique de la capitale du Cotentin, elle est avec le Mont Saint-Michel le plus fameux fleuron de l’art gothique en Normandie ». Et on peut la visiter – ce qui est rare – depuis ses parties hautes, accompagné d’un guide-conférencier. Dans un genre plus petit, beaucoup plus petit, mais tout aussi hors-normes, allez voir le plus petit port de France, Port Racine. Il est à Saint-Germain-des-Vaux et il est mignon comme tout. « Avec une surface de 800 m² et une ouverture, entre les deux jetées, de 11 mètres seulement, ce port de poche doit son nom au corsaire François-Médard Racine. Alors que s’annonçait la fin de l’ère napoléonienne, en 1813, il y prit ses quartiers pour protéger son navire et pouvoir attaquer les imprudents qui passaient par le cap », explique un journaliste de Côté Manche. Mignonnes aussi, les cabanes de Gouville. C’est une série de petites cabanes, colorées, posées le long de la côte. « Elles sont la fierté de tout le littoral » et révèlent une belle histoire, que raconte ce même journaliste : « Les premières cabanes remontent au début du XXe siècle. A l’époque, le propriétaire d’une auberge emmenait les clients en carriole jusqu’à la plage. Il avait créé quelques cabanes en bois pour qu’ils puissent se changer et y déposer jeux de plage et matériels de pêche. Depuis, ces cabines ont pris racine… et des couleurs. Les Manchois y sont très attachés ».

Dans le Calvados : l’exceptionnelle tapisserie de Bayeux, le château de Guillaume le Conquérant, la basilique de Lisieux…

Dans les quatre villages vacances du Calvados – Les Tourelles, Bon Séjour la Plage, La Résidence du Bois Flotté et Sweet Home, on vous suggérera de nombreuses visites sur des sites historiques liés à la 2e Guerre mondiale et au Débarquement de Normandie. Des découvertes passionnantes et émouvantes, sur des lieux à proximité de ces 4 résidences de vacances : par exemple à Arromanches (plages historiques et musée), Caen (mémorial), Courseulles-sur-mer (musée canadien sur le Débarquement), Longues-sur-Mer et Merville-Franceville (batteries éléments du Mur de l’Atlantique)… Mais il se peut que vous ne soyez pas fan du tourisme de mémoire. Vous aurez tout autant l’embarras du choix dans vos découvertes de monuments historiques. À Bayeux, voyez la tapisserie, se confondant avec l’identité de la ville. Cette tapisserie est exceptionnelle, d’une part dans sa forme : longue de 70 mètres, elle représente 58 scènes, avec 626 personnages et 202 chevaux. D’autre part, elle est un monumental témoignage de l’histoire de la conquête de l’Angleterre par le duc de Normandie. « Chef d’œuvre de l’art roman du XIe siècle, elle a probablement été commandée par l’évêque Odon pour orner sa nouvelle cathédrale à Bayeux, en 1077 ». Elle est visible au musée de la Tapisserie de Bayeux.

La Tapisserie de Bayeux
La Tapisserie de Bayeux © Mairie de Bayeux

Et savez-vous qui était le demi-frère de l’évêque Odon ? Un certain Guillaume le Conquérant, fils de Robert le Magnifique et d’Arlette de Falaise (également la mère d’Odon, si vous m’avez bien suivi, à ne pas confondre avec le père Dodu). Bref, Arlette est née à Falaise, comme son fiston Guillaume. Et à Falaise, vous pouvez visiter le château, qu’on dit aussi « château de Guillaume le Conquérant ». C’est un château-fort, plus exactement, en très bel état, impressionnant et dominant la commune sur son éperon rocheux. On y trouve de nombreux animations, ateliers, expositions et événements. Les groupes de plus de 20 personnes peuvent bénéficier d’une visite guidée spéciale des donjons du château. Pour les familles, c’est une chouette idée de sortie. Les jeunes de plus de dix ans pourront suivre la visite avec une tablette qui montre comment était l’intérieur du château à l’époque de Guillaume le Conquérant.

Le Château Guillaume-le-Conquérant
Le Château Guillaume-le-Conquérant © Wikimedia Commons

La jeunesse normande d’Edith Piaf… le quartier du Vaugueux à Caen et la miraculeuse « rencontre » avec Sainte Thérèse de Lisieux

Je vous propose de terminer la visite avec deux femmes : Edith Piaf et Thérèse de Lisieux. Thérèse Martin, devenue Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ou Sainte Thérèse de Lisieux, après sa canonisation en 1925. La basilique de Lisieux, inspirée de la basilique du Sacré Cœur à Montmartre, a été élevée en l’honneur de cette femme normande (née à Alençon), mondialement connue et « considérée comme une des grandes mystiques ». Edith Gassion, devenue Edith Piaf ou « la môme Piaf » n’était pas Normande (née à Paris), mais son papa l’était (né à Falaise, comme Guillaume le Conquérant) et Edith Piaf a vécu sept années de son enfance en Normandie, à Falaise, à Bernay, où sa grand-mère tenait un bordel, et plus rarement à Caen, où ses grands-parents pilotaient un café dans le quartier du Vaugueux (où je vous conseille d’aller flâner). Le plus surprenant, c’est que Thérèse et Edith sont liées. Lorsqu’Edith Gassion (pas encore Piaf) a sept ans, elle est presque aveugle. Ce sont les prostituées de la maison close de sa grand-mère qui décident de l’emmener sur la tombe de Sainte Thérèse : « Les filles de joie prient des heures, implorant la petite sainte de faire quelque chose pour leur si gentille Edith, lui frottant le front avec de la terre. Et quatre jours plus tard, Edith avait recouvré la vue », dit-on au Carmel de Lisieux. « Chaque mois de septembre – rapporte un ami d’Edith Piaf – à la date anniversaire de la disparition de la Sainte normande, Piaf venait à Lisieux prier incognito. À chaque moment-clé de sa vie, et avant d’entrer en scène, Piaf priait la petite Thérèse, en embrassant la croix dorée autour de son cou ».

À voir aussi dans la région Normandie : le cimetière américain d’Omaha Beach à Colleville-sur-Mer, le mémorial Pegasus et le café Gondrée à Bénouville, les abbayes – aux Dames et aux Hommes – de Caen, les magnifiques communes de Beuvron-en-Auge, Cabourg, Honfleur, Deauville (Calvados), la basilique Notre-Dame, la maison d’Ozé et le musée des Beaux Arts d’Alençon, le quartier Belle Époque de Bagnoles-de-l’Orne (Orne), la cathédrale de Rouen, le palais des ducs de Normandie et l’abbatiale de la Sainte-Trinité à Fécamp (Seine-Maritime), les jardins et la maison de Claude Monet à Giverny (Eure)…

Vianney Huguenot

Journaliste, hexagone-trotter, également chroniqueur en radio, animateur en télévision et auteur au Petit Futé, il sillonne la France depuis plus de vingt ans, alternant les coins méconnus et les pépites incontournables du tourisme français.